Le bonheur est à mes pieds. Faut pas que je le piétine encore.

Quand tu seras devenu désireux de ne rien cacher, 
non seulement désireras-tu entrer en communion 
mais tu comprendras aussi la paix et la joie.
- Un cours en miracles

Je suis bien consciente qu'actuellement je suis aux antipodes d'être productive économiquement. Je ne rapporte rien à mon employeur et je me rétablis aux frais de mon assurance collective (pour laquelle je paie des primes depuis plus de 16 ans). Émotionnellement, j'étais « out of order », mais il faut ce qu'il faut dans le monde des affaires : telle une machine, je suis médicalement  « huilée et graissée » au quart de tour pour redevenir productive et rentable à court terme. Si je suis capable de marcher, de parler, d'écrire et de faire des vidéos, cela doit supposer que le coeur et le mental vont bien. Non? 

Donc, pour ce qui est du long terme... 

Who care? Who cares!  

Je me sens donc prise entre l'arbre et l'écorce, moi étant la feuille morte, désagrégée sous la neige, espérant revivre au printemps... pas avant.


Une défaillance de mon petit moi m'a permis de goûter à une richesse qui me glissait des doigts depuis des décennies; du temps. Pas le temps passé ni le temps à venir, mais bien le temps présent. Du temps juste pour moi, rien qu'à moi. Du temps à ne plus savoir quoi en faire (ça c'est être riche!) et d'en être réjouie. Du temps pour lire, du temps pour écrire, 1 hr pour prendre un bon bain chaud à 14h37, du temps pour méditer ou faire zazen, prendre une marche à rougir des joues ou tout simplement, siester à la lumière du jour espérant un retour des écoliers pas trop hâtif. Et tout cela, entre deux rendez-vous de spécialistes pour recoudre le cœur (être) avec le corps (faire), sans trop de cicatrices.

Perdre le sens des manœuvres

Depuis ma convalescence, je m’aperçois que mon malaise n'a rien à voir avec une maladie physique ou mentale.  Le semblant de bobo émane d'ailleurs. Pour tout vous dire, j'ai un problème d'alignement : j'ai beau vouloir aller vers un endroit X, je finis toujours par être autre part. J'ai perdu le contrôle de ma vie. (l'ai-je déjà eu?) J'ai perdu le contact avec la réalité. Ce que je croyais être vrai, c'est avéré finalement une illusion.

Ma quête à trouver les trucs ou LA technique pour être heureuse au quotidien - plutôt qu'à ma retraite lorsque j'aurai le temps, l'argent, la sagesse, mais plus la santé - m'a mené tout droit dans un bas fond.  Ce que je croyais savoir hier, est différent aujourd'hui. Ce que je croyais être hier, est faux aujourd'hui.  Ce que je croyais nécessaire à mon évolution ne l'est plus aujourd'hui.  Et la relecture de certains de mes anciens articles sur ce blog me confirme le tout. Ils ne me ressemblent plus.

On retrouve sur Internet tellement de concepts et d'idées de ce que nous devrions faire ou pas pour retrouver le bonheur, la paix, l'amour ou juste le sourire.  Faites ceci! Faites cela! Privez-vous de ceci! Ajoutez de cela! Plus de sport, moins de sucre, plus de bon gras, moins de stress, plus d'objectifs personnels à atteindre, respirez mieux, dormez moins, diminuez le temps passé devant un écran, augmentez le bénévolat, prenez plus de temps pour vous, donnez plus de temps de qualité aux enfants, mangez moins de viande mais plus de légumes ... LÂCHEZ-MOI SVP !!!!!   Au lieu de m'aider à devenir zen, tous ces « il faut » me rendent dingue.  Je peux bien avoir un problème d'alignement. Quand tu ne sais plus quel chemin prendre...

Fak, le stress créé par l'urgence de vivre (ou de trouver le bonheur à tout prix) m'a mis K.-O. Maintenant, je préfère « perdre mon temps ».

Je suis donc, depuis peu, en processus de déconstruction de tout ce que j'ai appris et perçu comme étant vrai. J'efface le tableau, je fais table rase.  J'accepte que, par moi-même, je ne l'aie pas pantoute l'affaire. Pas question de me culpabiliser et de me traiter de nulle. Je suis en démarche d'observation de mes pensées, de la place que l'ego prend dans ma vie et de la qualité d'amour que j'ai pu transmettre ou retenir jusqu'à maintenant. J''ai une indigestion de ma vie.

Rien de réel ne peut être menacé.
Rien d’irréel n’existe.
En cela réside la paix de Dieu.
- UCEM

Rien à l`extérieur de moi ne peut me blesser ni troubler ma paix ni me contrarier en aucune façon.

Quand je recherche une raison de vivre, de m'accomplir individuellement en réalisant des objectifs tout en multipliant expériences excitantes sur expériences de dépassement, ou quand je tente d'obtenir toujours plus, je suis en dehors de la track.  Tsé, ce n'est pas en obtenant ce que je désire que je vais devenir heureuse, en paix et remplie de joie. Pourquoi? Parce que, justement, je serais déjà heureuse et en sérénité, mais bien non. C'est toujours un recommencement, un nouveau but à atteindre. Je n'ai peut-être pas visé le bon objectif? Et on recommence la liste de souhaits, le tableau de rêves, et les plans de match.

Je le sais que ça vous titille que je fasse beaucoup allusion à l'ego, mais c'est vraiment de lui que le malheur (une mauvaise heure) émane. Que ce soit de mon ego ou de l'ego des autres. Parce que tout ce qui n'est pas AMOUR est PEUR, et la peur provient du mental (ego). C'est quoi l'ego? C'est le monde des perceptions, du jugement, de la comparaison, de la division, de la séparation, la peur, l'anxiété, le passé et le futur. Mon ego refuse que je croie en autre chose qu'en lui, sinon je signe son arrêt de mort.  Ne surtout pas croire en un DIEU d'amour. (« name it » comme tu le veux, aujourd'hui ça n'a pas d'importance). Mon ego ne veut pas mourir, et moi je l'écoute, parce que je crois que sans lui, je ne suis rien. 

Je suis donc en train de tout reconsidérer ce que j'ai appris et accepté comme vrai. Au moment où je rédige ce texte, il me reste environ une semaine de congés de rétablissement avant de retourner dans la ''rat race'', mais je n'accorde plus d'importance au temps comme nous le percevons (passé-présent-futur). C'est MAINTENANT important pour moi de perdre la notion du temps, puisqu'il n'existe pas. Être pleinement dans chaque instant. Oublier ce qui s'est passé hier, car cela n'a plus d'importance dans le PRÉSENT. Pardonner tout ce qui émane du passé, car aujourd'hui est une nouvelle journée remplie de RIEN sauf de ce qui est RÉELLEMENT là.

J'ai donc le plaisir de pratiquer MAINTENANT la méditation, le zazen, la respiration consciente, la non-culpabilité, le pardon et la remise de ma volonté à mon Dieu d'amour. Et ce qui est incroyable, c'est que cela ne me demande plus du tout d'effort!  Moi qui fusse une personne hyperactive au point d'être incapable de méditer, je suis MAINTENANT capable de rester à genoux (ou assis en indien) par terre pendant 11 minutes sans rien faire, sans réfléchir, sans rechercher à me perdre au travers de plein d'activités.  Détrompez-vous. J'aime toujours autant peindre, bricoler, écrire, lire, bloguer, manger au restaurant, aller au cinéma, socialiser ou apprendre, mais le but derrière est différent.  En fait, avant, inconsciemment, je recherchais une source de bonheur dans le « faire quelque chose », parce que ne rien faire n'était pas envisageable comme pouvant être le fun ou utile.  Il n'y a rien de ce ''monde'' qui puisse me rendre heureuse. Mon ciel est ici, en moi, maintenant. Et je n'ai absolument rien à faire pour le gagner. Il m'appartient déjà. Cool hein?

Rien à l`extérieur de moi ne peut me sauver

Ça vient à l'encontre de tout ce que les grands motivateurs de ce monde veulent nous entrer dans la tête à coup de « Go! », « Dépasse-toi! », « Sors de ta zone de confort! », « Utilise ton passé pour te dépasser! », « Tout est question de volonté! » etc., afin que l'on dépense nos bidoux gagnés à la sueur de notre énergie vitale pour acheter leurs cours, formations, vidéos et les aider ainsi à se rapprocher de leurs propres objectifs personnels. 

Peut-être pas tous, mais beaucoup. 

La paix, l'amour et la joie s'offrent gratuitement parce qu'ils sont déjà là, mais nous sommes aveugles.  

Tout le reste consiste en des outils d'entretien non nécessaires. Le fun, agréables et utiles mais non nécessaires. Parce que même les fauchés doivent y avoir accès.

Je le répète, mais différemment (et ça m'aide à m'en rappeler!). Inutile de payer des sommes astronomiques pour joindre un groupe de personnes New âge, s'exiler en pays étranger, acheter la collection complète d'un auteur ou suivre 56 conférences pour apprendre à méditer, respirer, rester immobile, se détacher de nos pensées, vivre dans le moment présent ou tasser notre ego du chemin. Fais confiance que la réponse est dans la simplicité et l'accessibilité : un bon livre inspiré, un site Internet complet, une conversation avec un autre être humain, se mettre à genoux, prier pour demander d'être éclairé, mais surtout un désir sincère ne te coûteront presque rien. 

En fait, ce que cela te coûtera réellement c'est d'accepter que tu ne le sache pas du tout dans le fonds ce qui pourrait te rendre heureux. Tu penses que tu le sais, mais tu crois que ce n'est pas possible tout de suite parce que tu n'as pas d'argent, de courage ou de volonté. Ou très peu.  Tu ne le sais pas de quoi est fait le bonheur. Avoue-le donc! Parce que quand tu crois toucher au merveilleux, il se déplace ailleurs dans un autre but à atteindre.

Je le sais que tu trouves ça difficile de me croire parce que tu penses vivre l'enfer en ce moment. Que tu vis tout sauf ce que tu aimerais avoir, faire ou être. Elle est justement là ta réponse, mais tu ne l'entends pas.  




Commentaires

  1. Simplement: ce que j'ai lu est...si vrai!
    Je suis dans ce même état...
    Merci pour ce partage.
    Que le meilleur soit et en ressorte!

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